Pour Marie et Bertrand, en hommage affectueux

L'essentiel n'est pas que la Chine communiste d’aujourd’hui soit différente de la Chine d’hier ni que la Russie de Staline fut différente de l'Allemagne de Hitler.
Le totalitarisme intervient lorsque l’homme peut être considéré à travers un système interchangeable, que l’on entend ériger un « homme nouveau ». Hannah Arendt a écrit que « le problème vient de l’acceptation de milliers de citoyens ordinaires qui n’étaient pas des criminels, qui n’ont pas agi par conviction, et qui ont pourtant suivi le mouvement. »
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En amont de la propagande totalitaire, et pendant un demi-siècle, on a pu observer l’essor de l'impérialisme et la désintégration de l’État-nation (1). Les nazis commencèrent par développer une propagande, se renforçant de l’antisémitisme peu à peu partagé par la population qui se prêtait ainsi à un contrôle plus ferme des dirigeants.
S’ajoutant à la propagande, ce contrôle se renforça jusqu’à la terreur totalitaire qui connut son triomphe lorsqu'elle réussit à rendre absolument problématique et équivoque toutes les décisions de la conscience individuelle et collective. Les cadres de la Guépéou (la police d'État de l'Union soviétique entre 1922 et 1934) étaient seuls à connaître le véritable but du gouvernement soviétique au début des années 30, de même que les SS étaient les seuls au début des années 40 à savoir que les juifs devaient être exterminés. La terreur totalitaire connut son triomphe lorsqu'elle réussit à rendre absolument problématique et équivoque toutes les décisions de la conscience.
En Russie, Staline liquida les factions, abolit la démocratie à l'intérieur du parti et transforma les partis communistes nationaux en branches du Komintern (Internationale communiste).
En Allemagne, Goering créa la Gestapo en 1933 ; Himmler lui succéda en 1934. Le parti stalinien était alors pourri par la corruption et l’ivrognerie .
Himmler est décrit comme un homme d’une exquise courtoisie, pas un bohème comme Goebbels ni un criminel sexuel, un illuminé comme Rosenberg, un fanatique comme Hitler ou un aventurier comme Goering. Himmler était le bourgeois pris dans les décombres de son univers, se souciant avant tout de sa sécurité personnelle.
Tous ces gens, russes ou allemands, sont disciples des principaux acteurs du totalitarisme au XXe siècle. Staline, d’abord, prétendument méfiant jusqu'à la folie avait décidé de placer sa confiance en Hitler. Ils bénéficiaient tous les deux de la confiance des masses. Au congrès du parti qu’il présidait peu avant sa mort, Staline proclamait n’avoir confiance qu’en un seul homme : Hitler.
En 1930 l’Ukraine était alors perçue comme un rouage économique indispensable. Ce pays concentrait en effet à lui seul près de la moitié de la production agricole et la moitié de la production industrielle soviétiques.