Vieillir : subir ? mûrir ?

Pour Valentine de Braquilanges, en hommage amical

   À entendre le général de Gaulle, qu’aime à répéter Alain Delon, « la vieillesse est un naufrage ». Pourquoi ? Parce que le vieillissement est une dégradation tant sur le plan physique que psychologique. Comment ne pas admettre que, pour une part, l’angoisse qu’il procure relève de la pulsion de vie ?

Depuis le XIXe siècle, on se penche sur ce phénomène en prenant soin de distinguer le vieillissement comme processus, et la vieillesse, en tant qu’état. S’entendre dire que « on est vieux, mon cher » peut agacer, voire affliger, et l’on se prend à insister pour sauver quelque chose de soi en soulignant que le terme de vieillesse s’accorde à l’âge physique, alors que l’âge mental est plus vert qu’un printemps luxuriant.

Partant, l’approche du vieillissement requiert  les données de multiples disciplines, la biologie, la psychologie, la sociologie, la démographie, l’histoire, l’économie. 

Sans identifier la vieillesse à la maladie d’Alzheimer, dont on croit être atteint dès lors qu’on oublie la liste des courses, l’évolution de l’âge entraîne une modification du regard sur des phénomènes d’autrefois. Si les symptômes sont souvent déniés, ce qui est en jeu relève de la manière dont on aborde les souvenirs, en fonction de ses angoisses, ou même des représentations sociales.

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