L’Orient est compliqué. Et Alors ?

Pour Ghaleb Bencheikh, en hommage amical

   Ça n’est pas une raison pour démissionner. Ça n’a pas été plus compliqué d’apprendre les chefs-lieux de canton, la table de multiplication ou les noms des bâtards des rois de France, de nager là-dedans, et en latin chez les jésuites ! 

La problématique de la paix au Moyen-Orient gravite autour des peurs, des méconnaissances mutuelles, des perceptions erronées des réalités en jeu : historiques, culturelles…religieuses. Nous n’avons pas affaire à une guerre de religions. Dans ces pays, c’est la démocratie qui est le pire ennemi. Nous devons comprendre que le concept d'élection est en effet très étrange aux traditions construites sur la palabre et la cooptation. 

L'ignorance des civilisations et des cultures m’apparaît être la cause de l'impréparation à la compréhension de cette situation. Il convient donc de prendre en considération l’éducation, qui n’est pas uniquement destinée au marché du travail, mais qui peut servir aussi à la qualité du lien social, à la transmission du savoir, à la qualité morale de la société. 

Nous avons à ré-orienter l’école non seulement vers l’adaptation à la société présente, mais vers un apprentissage au dialogue qui aboutit souvent aux vociférations nourries de certitudes infondées. Il ne suffit pas de brailler des slogans, en attendant que nous soit dicté l’avenir ; il nous faut aller au-delà de soi, s’ouvrir, mettre en communication les hommes et leurs cultures. Il nous faut interpeller et confondre la stupide volonté d’écarter le facteur religieux de l’intelligibilité géopolitique.

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