D’un duel entre deux princes naît l’anglicanisme

Pour Julien Rivière, en hommage amical

   Le sort du roi Henry VIII d’Angleterre est lié à la mort subite de son frère aîné Arthur. En 1509 le trône est vacant. Henri VIII s’impose rapidement comme souverain. On apprécie son érudition, qui intègre la connaissance des langues anciennes, la théologie qui nourrit ses aspirations humanistes. Thomas Moore, l’ami anglais, et Érasme rencontrent le souverain et lui apportent leur soutien.

Mais le souverain n’apprécie pas l’Éloge de la folie d’Érasme, ouvrage critique des institutions et des ecclésiastiques pédants, imprimé en 1511 à Paris. Le Hollandais y dénonce les rois déraisonnables, passant leur temps à guerroyer, et lever les impôts. Il y a mieux à faire selon Érasme. La multitude des gens, comme des rois, se complaisent dans leur folie comme ces misérables dans la caverne de Platon.

La grande affaire surgit en 1527. Henry est fervent défenseur du catholicisme, dubitatif devant les thèses de Luther,. D’autre part Henry reproche à son épouse Catherine son incapacité de lui donner un fils. En 1530, Henri VIII envoie donc une demande de séparation au souverain pontife, Clément VII, Jules de Médicis, neveu de Laurent le Magnifique. Le document ne quitte pas les murs du Vatican mais reste surtout lettre morte… Henri VIII d’Angleterre n’apprécie pas ce qu’il reçoit comme un refus du pape d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon. Il est soutenu par ce jeune ecclésiastique, Thomas Cranmer, qui se demande en vertu de quel droit le pape aurait un pouvoir de juridiction en Angleterre. Pour le jeune homme, le chef de l’Église anglaise, c’est le souverain lui-même ! Une émancipation qui séduit Henri VIII et le Parlement anglais, flirtant déjà avec les idées de la Réforme, envenime la tension avec Rome.

Henri VIII s’en va rejoindre sa maîtresse Anne Boleyn. Mais les autorités ecclésiastiques de l’époque ne l’entendent pas de cette oreille et insistent pour que soit respecté le sacrement de mariage qui a uni Henry avec Catherine ! La bataille est ouverte. Henry décide de rompre avec Rome et d’imposer son autorité sur l’Église d’Angleterre.

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