L’Irak, lieu de mémoire juive… et chrétienne

Pour Bernard Touchot, cardio en mission à Erbil

   Selon la Bible hébraïque, des séquences originaires de notre histoire se situent en Mésopotamie. Là s’y trouve son paradis terrestre, là s’y déverse le déluge, là s’érige la tour de Babel, et c’est en ce pays entre deux fleuves qu’aboutit la déportation du peuple hébreu, à Ninive (aujourd’hui Mossoul), puis à Babylone. Cette période de captivité sera à l'origine des prophéties de Daniel, de Jérémie, d’Ézéchiel, de Tobi et de Jonas dont le livre dit qu'il fallait trois jours pour traverser la plaine de Ninive.

Aujourd’hui, comme si la diaspora s’était installée lors de la libération de Cyrus en Mésopotamie, l’héritage juif reste considérable et omniprésent, en dépit de la minorité de juifs présents en Irak. Aussi, la volonté perspicace de préserver la tombe du prophète Galiléen Nahum à Alqosh, 45 kilomètres au nord de Mossoul, constitue bien plus qu'un clin d'œil de l’histoire. C'est aussi et surtout le témoignage incontestable de l'enracinement de l'identité juive au cœur de l'antique Mésopotamie. 

Nahum qui a vécu au VIIe siècle avant Jésus-Christ, est en effet connu dans l’Ancien Testament comme le septième des douze petits prophètes. On peut dire qu’il est presque contemporain de Amos, ou d’Osée. Son œuvre, le Livre de Nahum, eut un rayonnement immense, marquant profondément les peuples de Mésopotamie. Le récit annonce la prochaine destruction de Ninive, la plus grande cité du plus grand royaume de ce temps. À cela s’ajoute le chaos qui s’est encore une fois abattu sur Mossoul et la plaine de Ninive. 

Les ruines de Mossoul recèlent aujourd’hui encore les restes et les traces de la mémoire juive de la cité. 

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