On a planté Grand-Père !

Pour Emma, ma filleule, que j'embrasse pour son anniversaire

   À Saint-Jacques-du-Haut-Pas, dans le quartier latin, on appréciait beaucoup les homélies du P. Bezançon. Son sens pédagogique était inné, son exercice affiné, et son humour surprenant. Un dimanche, il nous raconta cette histoire d’un gamin de 4-5 ans arrivé en retard à l’école. Le môme ne tarde pas à s’en justifier auprès de ses camarades : il revient de l’enterrement de son grand-père. Et il a bien écouté l’homélie du prêtre, lequel a expliqué que le grain de blé, quand on le met en terre, a l'air tout petit et tout seul, jusqu’au jour, longtemps après, la moisson cause la joie ! Et le gamin de dire à ses copains : “On a planté grand-père !”. 

Le décor est campé et l’attention des ouailles assez éveillée pour entendre le commentaire que le P. Besançon s’apprête à donner sur la Passion de Jésus qu’il compare aussi à des semailles.

Des Grecs demandent à voir Jésus. Des sympathisants, sans doute, qui sont venus en pèlerinage à Jérusalem. Il y a aussi des non-juifs, venus d’ailleurs, inattendus. Universalisation, mondialisation dirait-on aujourd’hui, de l’espérance, qui fait craquer pour la porter en terre la graine de la première alliance. Si Jean l’évangéliste a retenu cet épisode, c’est qu’il y voit le signe discret de tous les païens à venir qui se tournent vers Jésus. N’est-on pas de ceux-là ?

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