Pour mes filles, Marie et Edwige, que j’embrasse
On aime à dire avec fierté, et sur le ton de celui qui a réussi à accéder à l’émancipation, qu’on n’est pas “dogmatique” ! Que signifie ce mot qui parfois est proféré comme une insulte ? Le théologien Karl Rahner disait un jour que les dogmes “sont comme des réverbères. Ils éclairent le chemin de ceux qui avancent. Il n’y a que les ivrognes pour s’y accrocher !”.
Disons d’entrée que le dogme est tout autre chose qu’une entrave. Si nous devions nous rendre au plus simple, nous dirions que le dogme est un article de foi. Ainsi tous les articles du credo sont-ils des dogmes.
Au IIIe siècle, alors que la pensée chrétienne se développe et s’approfondit, les hérésies fissurent la chrétienté, aucune ne faisant l’unanimité. L’empereur, désireux de faire l’unité sur son gigantesque territoire, en vient à convoquer tout le monde à Nicée, pour élucider un état de fait incontestable, le fait que l’Église définit comme révélées par Dieu des vérités proclamées par les Apôtres, transmises, parfois sans être enseignées formellement comme révélées par Dieu. L’Église exprime alors le contenu des affirmations de la tradition antérieure par une conceptualisation actualisée, disponible à l’interprétation pour mettre le sens à l’écart des