Pour Aurélie Lebouc, en hommage amical
Il a été salué comme le “Père de la théologie protestante moderne”. Il faut reconnaître en effet que l’influence de Friedrich Schleiermacher s’est étendue à la pédagogie, à la philologie et à l’herméneutique. Cet homme aura été une grande figure du XIXe siècle allemand.
De sa famille, au sein de laquelle on trouve un père aumônier militaire, une mère calviniste, et de sa formation enfin, il gardera toujours l’empreinte d’un piétisme fervent.
Prédicateur à Berlin il approche le romantisme allemand et le milieu piétiste auquel appartenait Kant. Il est interpellé par ce mouvement qui le marquera.
Les écrits de Schleiemacher dissertent sur l’éthique, en référence à Spinoza et à Leibniz, et en débat avec Kant, en opposition à Hegel. Le caractère scientifique accentué de ses travaux philosophiques et théologiques lui sert toujours à les rapporter au besoin religieux. Son ouvrage le plus important, qui sortira en 1822, s’intitulera Présentation synthétique d’après les principes de l’Église évangélique. Sa conception de la théologie se démarque nettement du courant rationaliste des Lumières. Schleiermacher tente de montrer que le christianisme est d’abord une réalité socio-culturelle. Il ne sera pas isolé ! L’intérêt que peut présenter le christianisme peut dès lors être présenté sans faire valoir la vérité à laquelle il se rattache. La doctrine chrétienne, selon Schleiermacher, n’est pas tant un corps de vérités reçues de Dieu que la perception par les hommes de cette vérité, en fonction de ce qu’ils sont.