De Nazareth au Golgotha

Pour Alix, Marie, Edwige, Samuel, Bernard, Bruno, Bertand, Charles, Sophie, Anita, Fr. François

   Plutôt que de chercher si Dieu existe et risquer une entorse aux neurones, nous avons préféré montrer que Dieu n’existe pas mais que « Il est » (esse), infini, indéterminé, intemporel, « Suréminence inobjectivable » selon saint Thomas d’Aquin (cf. notre article paru le 11 octobre 2024).

Que dire alors de Jésus-Christ ? Ou qu’il n’est pas Celui auquel il a prétendu s’identifier. Ou qu’il partage la même nature que Celui qu’il appelle son Père et alors il n’existe pas !

Certes Jésus de Nazareth a bien existé. Mais parce que Dieu a décidé de faire irruption dans le monde il a fallu que Celui qui est se montre comme existant parmi les existants. Et comme existant, s’il partage la même nature que Celui qui est, sa personne est distincte. Ainsi que le présente saint Jean dans le prologue de son Évangile : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui… » (Jn 1, 1-2))

Ainsi Jésus a pu dire : « on vous a dit : « œil pour œil, dent pour dent », moi je vous dis « aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent ». Qui avait dit « œil pour œil, dent pour dent » ? Qui avait donné la Loi ? C'est Yahvé, sur le Sinaï. Par conséquent lorsque Jésus déclare : « on vous a dit, moi je vous dis » Jésus met son autorité sur le même plan que l'autorité de celui qui avait donné la Loi. Cet exemple suffit pour prétendre que Dieu en Jésus-Christ peut être objectivé… à travers son Fils (cf Jn 14, 1-12).

Dieu exprimé par le Christ est, en soi, mais aussi en actes, miséricorde, pardon et générosité sans limite, présence et promesse. De sorte que Dieu « déjà-là et pas encore là » peut être connu intimement par la fréquentation de son Fils qui tient de Lui son identité la plus profonde.

Quelle est l’identité profonde de Jésus, de son être même ? S’il reste à dépasser l’approche métaphysique (onto-théologique selon le terme d’Heidegger) de Dieu, ce n’est pas le chemin d’accès à l’identité profonde de Jésus. Car il reste à dépasser, sans l’abandonner, le Jésus de l’histoire, ses faits, ses paroles, pour atteindre et pénétrer le Christ de la foi. Là s’esquisse le projet de Dieu donné à contempler. Dès lors peut-on discerner le projet de Dieu qui a décidé de l’irruption d’un Royaume de paix et de justice dans l’actualité particulière de Jésus.

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