La question de la morale indépendante

Pour Roland Covarel, en souvenir d'une amorce de discussion

   “Deux conditions sont nécessaires, écrivait Ferdinand Buisson, pour mettre sur pied une République ; l’une, facile, lui donner une constitution républicaine ; l’autre difficile, lui donner un peuple de républicains.” L’école se trouve ainsi investie d’une tâche : former et promouvoir un civisme républicain. Autrement dit  : élaborer une morale indépendante.

La première étape consistera à extraire de l’enseignement de la morale toute référence religieuse. Cependant, le programme de morale pour les écoles primaires de 1882 conserve des devoirs envers Dieu. Ce programme stipule en effet que si “l’instituteur n’est pas chargé de faire un cours sur la nature ou les attributs de Dieu, l’enfant ne doit pas prononcer légèrement le nom de Dieu” (...), et que l’instituteur doit s’attacher “à faire comprendre à l’enfant que le premier hommage qu’il doit à la Divinité, c’est l’obéissance aux lois de Dieu telles que les lui révèlent sa conscience et sa raison.”

Le problème est de savoir si, tout en n’étant pas sans rapport avec les croyances générales jusqu’ici professées, la morale laïque n’entraîne pas à l’écart toute référence religieuse. 

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