Questionneurs de sens

   En amont de l'éthique, n’y a-t-il pas un champ à explorer à nouveaux frais, entre éthique et anthropologie, reconnaissant que l'être humain est d’abord donné à lui-même. Selon l’adage de Martin Heidegger, l’homme est fondamentalement “cet être pour lequel, au-dedans de son être, il y va de son être même.” La dynamique de l’homme, qu’il exprime dans le projet de construction de sa propre histoire qu’il mêlera à l’histoire de son temps, s’appuie sur un sens dont la demande et la capacité d’en rendre compte est au coeur de tout homme, en quête d’un vouloir-être, par-delà son immédiateté quotidienne (1). 

Cette recherche témoigne de l'authenticité de l'interprétation de cette donation à soi. Elle relève de notre factualité même. Il s’agit de reconnaître la potentialité de rationalisation qui habite tout homme. Une telle démarche permet de dépasser la vague conception déontologique de la pluralité des opinions. La demande de sens, immanente à chacune de ces opinions, implique la potentialité de rationalisation qui suscite ces opinions. La pensée moderne de l'agir, en distinguant la visée dynamique d'une vie accomplie sous le signe d'actions estimées bonnes, autrement dit l’éthique, et les comportements individuels et sociaux en regard des normes, autrement dit la morale,

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