Basile de Césarée († 379) : l'aube du rayonnement de la Cappadoce

 

Pour Antoine Schurr, ce clin d'œil amical

Je vous invite en Cappadoce, au cœur de la Turquie actuelle, au IVe siècle. Là, l’empereur romain Tibère, contemporain de Jésus, ayant annexé cette contrée lointaine de Rome, y fit construire une capitale, Kayseri (1), c’est-à-dire César, qu’on nomme Césarée, en son honneur bien sûr. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! À ne pas confondre avec la Césarée de Palestine qui se trouve entre Tel Aviv et Haïfa, Césarée de Cappadoce est une ville vivante, opulente, cultivée, dotée de thermes, d’un théâtre. On y donne régulièrement des fêtes.

 

À lire la première lettre de saint Pierre (2), on constate que la Cappadoce est très tôt évangélisée. On ne comptera pas moins de sept évêques de Cappadoce présents au concile de Nicée. Cette région du Pont, au sud de la Mer Noire, que les Grecs avaient appelée Pont-Euxin (“mer hospitalière”), n’a pas été épargnée par la grande persécution de Dioclétien, terminée en 311. 

 

Les détails des sévices encourus par les chrétiens fortunés et influents de cette région nous sont fournis par cette famille chrétienne d’avocats et d’enseignants d’où naissent Basile de Césarée et Grégoire de Nysse. Basile est né vers 329, Grégoire deux ans plus tard. 

 

Basile et Grégoire ont huit frères et sœurs, dont Pierre, futur évêque de Sébaste. Leur grand-mère leur a transmis les enseignements d’un certain Grégoire le Thaumaturge (3). Basile, lui, est un enfant réputé doué, formé d’abord par son père. Il est envoyé avec son frère à Constantinople pour étudier, puis à Athènes. C’est là, à Athènes, qu’il se lie d’une amitié indéfectible avec Grégoire de Nazianze. Avant que sa sœur Macrine le rappelle à la raison, Basile aura passé sa jeunesse à goûter aux vanités du monde. Mais dans le même temps il se nourrit de la culture classique qui façonnera le pasteur attentif, épris de justice, et d’une grande charité.

 

De retour à Césarée, Basile est baptisé à presque trente ans, en 357. L’année suivante son père meurt. Basile vend tous ses biens, se retire solitaire, quand bien même la vie ascétique fragilise sa santé. Il séjourne en Syrie, puis en Palestine, puis sur les bords de l’Oronte, qui traverse la Syrie, où son ami Grégoire de Nazianze le rejoint parfois. Il choisit de vivre en communauté, pour éviter les excès qu’il avait constatés chez certains anachorètes. Basile rédige alors une Règle qui deviendra le modèle de tout le monachisme oriental.

 

Continuer à lire

Pages