Pour Véronique Schürr, en hommage amical
Au départ de l’évangélisation il n’y a pas un individu habité d’un grand enthousiasme religieux qui s’en irait sur les routes pour faire du recrutement et grossir les rangs de son parti religieux. Pourtant tout a commencé un peu de cette manière, à partir de la Pentecôte. Des communautés croyantes, rassemblées autour du collège des apôtres, sont allées porter l’Évangile autour d’elles. Elles l’ont fait de façon consciente et actuelle.
Qui peut nous assurer que nous ne sommes pas bernés par une initiative tenant d’un ego individuel ou d’une illumination ? Qui peut répondre à cela sinon les communautés croyantes qui, siècle après siècle, répandues dans l’espace et dans le temps, conservent la mémoire de Jésus-Christ et de son Événement fondateur.
L’Église continue à porter en elle la conscience de qui est Jésus-Christ. Chaque fois qu’elle célèbre l’Eucharistie, au milieu même de ses faiblesses, elle fait mémoire de ce qui la fait exister : l’Événement qui est à l’origine. En dépit des éclatements et des infidélités, c’est dans l’Église que continue à jaillir cette source. Car l’Église demeure le lieu où l’Évangile est reconnu, accueilli, interprété, et, autant que possible, vécu.
C’est à l’intérieur des communautés chrétiennes que se trouvent la mémoire, la conscience, qui actualisent, siècle après siècle, dans différentes cultures, la réalité fondatrice de l’Évangile.
L’Évangile, dont il faut rappeler qu’il s’agit de tout autre chose qu’une sagesse, ou une philosophie religieuse, est aussi plus qu’un message. L’Évangile, tout compte fait, est irréductible à