Pour Marie et Edwige, mes filles
“Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et puis encore un peu et vous me verrez” (Jean 16, 16). Une ère va s’ouvrir, caractérisée par un mode nouveau et plus pénétrant de la connaissance de Dieu incarné en son Fils glorieux. Luc a choisi d’inaugurer le Livre des Actes par cette séquence (Ac 1, 6-11) qui correspond exactement à ce que rapporte Marc dans son Évangile : “(...) Donc, le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu” (Mc 16, 19-20).
Jésus comme mort et ressuscité est admis près de Dieu. Marc ne manque pas de faire apparaître le caractère durable de l’humanité de Jésus (“Après leur avoir parlé, il fut enlevé...”).
Les récits de l’Ascension du Seigneur sont à lire dans leur rapport avec les récits de ses apparitions après la résurrection devant des témoins choisis d’avance. “...il a donné de manifester sa présence (“exclusivement”) à des témoins nommés d’avance par Dieu (cf. Ac 10, 41). Le peuple juif, disjoint du groupe des témoins privilégiés, n’a plus qu’à être le premier destinataire d’un message que Pierre annonce en même temps aux nations païennes. Les témoins de l’événement ne disent pas autre chose que ce phénomène fut manifesté visuellement à eux et à eux seuls.
Pour Jésus, l’Ascension signifie l’achèvement de son œuvre sur la Croix et de la résurrection. Elle signifie son exaltation triomphale, sa victoire sur toutes les puissances de ce monde, la