Cet opuscule pour le groupuscule de Jean-Marie à La Ferté-Macé, avec toute ma sympathie
La Pentecôte est une fête. Qui donne joie. La joie a vocation à être partagée. Elle entraîne donc les chrétiens à rendre compte de la Résurrection au monde contemporain, à des gens que la vie ne gâte pas, que l’angoisse ronge, que les questions torturent. La Pentecôte envoie annoncer la Parole du Christ comme neuve. La nouveauté de cette Parole n’est pas une girouette offerte à tous les vents, à toutes les modes. Elle est ce qui offre une saveur unique à l’existence.
Le lieu de l’Église est au pied du bois de la Croix. Vers elle coule alors le sang rédempteur, auquel, phénomène extraordinaire, se mêle l’eau, l’eau qui toujours est source, l’eau qui partout est vie.
Vivre en Église c’est se retrousser les manches, partager la fragilité comme la force, par passion pour ce monde en lequel Dieu est venu et se tient. Vivre en Église c’est ne pas déserter l’essentiel compagnonnage d’humanité, avec tous les larrons que nous croisons, tous les centurions qui réclament des soins pour leur entourage, tous les publicains et les paumés, les riches enviés et les exclus envieux. Vivre en Église c’est annoncer l’Évangile duquel elle jaillit.
C’est une fausse conception que celle qui voudrait rapatrier l’Église dans le giron d’un de nos systèmes, qu’il soit démocratique, monarchique ou aristocratique. L’Église n’a pas été fondée par le génie de quelques bonshommes, ni l’enthousiasme d’une masse qui les aurait suivis. Personne n’a été consulté pour dire s’il lui convenait que l’Église fût. Nul n’était capable de la bâtir. Et elle ne tient