Pour tous les participants aux Soirées théologiques, avec mon amicale sympathie
En ce début de Ve siècle, Athènes n'avait pas besoin d'un sujet de division supplémentaire tel que les sophistes lui en donnèrent. Le climat est effroyable. La peste fait des ravages. La guerre civile en rajoute. La corruption fait rage. L'ordre civique est bousculé. Tout cela, pense-t-on, à cause de l’'intelligentsia sophiste.
Qu'auront pourtant apporté les présocratiques ?
Ils auront remis en cause l'imputation aux dieux des phénomènes naturels; les dieux sont désormais mis à distance. Le cosmos obéit à des lois, mathématiques, de causalité, de proportions. "Les dieux comme les hommes sont entraînés dans ce remembrement du cadastre mental." (1) .
Ils auront centré la philosophie sur l'homme. Ceci ne signifie pas que la "religion" fait problème. Elle tombe sous le regard critique. Les sophistes sont en quelque sorte des précurseurs d'un humanisme sécularisé.
Dans leur cité les hommes commencent à introduire plus de clarté, plus de responsabilité, et, il faut bien le dire, plus de liberté dans ce qu'il leur fallait faire, dire et penser. Ils n'étaient plus comme cet âne "attachés court au piquet de l'instant." La corde s'allongeait.
Quand Socrate naît, dans Athènes en proie à toutes les divisions, la philosophie y était déjà.