Eliahou, ou Elias

Pour mon petit-fils que j'embrasse

   Seul, et somme toute désespéré, sous un arbre du désert, un jujubier, le voilà qui soupire : “Je ne suis pas meilleur que mes pères” (1). Tiens donc ! Élie pense à ses ancêtres qui n’ont pas voulu suivre Moïse, au temps de l’Exode. Il invoque le Seigneur : « Prends ma vie ! »

C’est que Jézabel, cette reine dont il a exterminé les prophètes, a juré de se venger de lui. Elle le traque. Il le sait. Car elle n’a pas manqué de le lui faire savoir. Alors, pour sauver sa vie, il est descendu du Nord, suivi de son serviteur, pour se réfugier au désert. Parvenu au seuil de l’infini de sable il laisse là son serviteur, et continue sa route, toute une journée. À l’heure où l’ombre envahit les dunes il s’arrête, sous un genêt isolé. Le fugitif se sait encore menacé. Il s’accroupit, regarde au loin. Rien ne bouge. Pas un bruit.

Aucune âme vivante à la ronde ne peut entendre la plainte d’Élie. Il ne se tourne pas contre Jézabel, la Phénicienne, mais vers son peuple qu’il accuse d’avoir abandonné l’alliance offerte par Dieu, d’avoir tué les prophètes du Seigneur, abandonnant à la solitude le seul prophète de Dieu, lui, Élie.

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