Grégoire de Nazianze († 390), phare du IVe siècle

Pour Solange et Anne-Marie, fidèles des Soirées théologiques, en hommage amical

    À l’instar de son ami Basile, Grégoire de Nazianze naît dans une noble famille, aisée. Son père appartient à une secte judéo-chrétienne et c’est sa mère, chrétienne, qui exerce la plus grande influence sur son fils. Elle le consacre à Dieu dès sa naissance, peu après l’an 330. 

Après sa première éducation en famille, Grégoire fréquente les écoles les plus célèbres de son époque : d’abord à Césarée de Cappadoce, puis à Alexandrie et à Athènes où il se lie d’amitié avec Basile. De retour chez lui, comme il le confie dans son autobiographie, Grégoire reçoit le baptême, puis l’ordination sacerdotale, avec la crainte d’exercer la fonction de pasteur, et de s’occuper des affaires de tout le monde. 

 

Voilà qui contrarie son ami Basile, évêque de Césarée, désireux d’ordonner son ami Grégoire évêque de Sasimes, en Cappadoce, fonction que Grégoire lui-même ne souhaitait pas. Basile parvient à ses fins. Mais Grégoire préfère rester à Nazianze, aujourd’hui Nenizi, petit village au sud de Césarée. Grégoire est donc en quelque sorte un évêque auxiliaire, éloigné du siège de son diocèse.  

 

Se recueillir en soi-même

À la mort de son père, en 374, Grégoire, un peu comme l’a fait Basile en 358, se retire, et trouve la solitude sur la côte, en face de l’île de Chypre. Il s’oriente vers la vie monastique. La méditation philosophique et spirituelle l’attirent. Il écrit lui-même : 

 

Rien ne me semblait plus grand que ceci : faire taire ses sens, sortir de la chair du monde, se recueillir en soi-même, ne plus s’occuper des choses humaines qui ne sont pas strictement nécessaires ; converser avec soi-même et avec Dieu ; mener une vie qui transcende les choses visibles ; porter dans l’âme une image divine toujours épurée, sans mélange de formes terrestres et erronées ; être réellement un miroir immaculé de Dieu et des choses divines, et le devenir de plus en plus, prenant la lumière à la lumière (…) ; jouir, dans l’espérance du temps présent, des biens à venir, et converser avec les anges ; avoir déjà laissé la terre tout en étant sur terre, transporté en haut par l’esprit.

 

Le style de Grégoire est marqué par la précision de sa théologie : 

Le nom propre de celui qui est sans origine est le Père; le nom propre de celui qui est engendré, sans commencement, est le Fils; le nom de celui qui procède ou vient sans être engendré est le Saint-Esprit”.

Grégoire demeure à Nazianze, jusqu’à ce qu’il soit appelé, vers 379, à Constantinople, par des chrétiens qui lui demandent de venir guider leur communauté décimée par l’arianisme soudain dépourvu du soutien de l’empereur Valens dont il ne restait plus qu’à recommander l’âme à Dieu. Cette petite communauté catholique marque sa fidélité au concile de Nicée, tandis que l’arianisme reste, en ce temps, le “politiquement correct”, du peuple autant que des empereurs.

 

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