Le premier chapitre de l’exhortation du pape pose la question : « Qui est appelé à la sainteté ? » Tous !
Et pour tous la sainteté doit être accueillie comme un don, une grâce qui nous rejoint dans notre humanité pour la déployer en nous transformant. La sainteté n’est pas réservée à une élite ! Non. Elle est pour chacun d’entre nous mission sur cette terre, « pas un chemin lisse et confortable » précise le pape. « L’Église n’a pas tant besoin de bureaucrates et de fonctionnaires, que de missionnaires » (§138).
La mission est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile (§19). « La vie n’a pas une mission, elle est mission » (27).
François nous indique son cap.
Au deuxième chapitre, le pape relève deux obstacles à la sainteté. Hormis le positivisme, le nihilisme, la dictature du relativisme dénoncé par Benoît XVI, cette société est marquée par des mutations, par la mutation numérique, avec l’émergence d’Internet qui a surgi en l’absence de toute réflexion éthique préalable ; par les mutations géopolitique, l’hégémonie de l’économie, la désertification et la déforestation, la révolution génétique. À cela le pape ajoute le gnosticisme et le pélagianisme. Deux ennemis subtils. Le premier exprimant la tentation d’enfermer le christianisme dans un savoir ésotérique, élitiste et désincarné, indifférent au mystère.