Pour Alix et Madeleine, avec l’affection de grand-papa
Paul est né à Tarse, au Ier siècle, en Cilicie, actuellement au sud de la Turquie.
Son père l'élève dans la pratique orthodoxe du judaïsme. Les pharisiens sont des experts dans l'explication rigoureuse de leurs lois (cf. Flavius Josephe, Antiquités juives, XVIII). Ils sont à l'origine de jurisprudences et de règles, versés dans l'étude de la tradition orale. L’éducation du jeune Saül a pu débuter à l'âge de cinq ans selon le cursus de formation juif classique : « à cinq ans l’étude de l’Écriture, à dix de la Mishna, du verbe « répéter », est un recueil de lois (Torah) et de règles transmises par voie orale par les rabbins. À 13 ans le jeune doit marquer sa docilité au commandement, à 15 ans il étudie le Talmud, qui est un commentaire de la Mishna.
Paul ne reniera pas ses origines. « Je suis un israélite, de la tribu de Benjamin » (Rm 11, 1)… je suis un pharisien, « irréprochable quant au respect de la Loi » (Ph 3, 5-6). Il est vraisemblablement citoyen romain, de culture hellénistique.
Paul a décrit Tarse comme une ville sans importance (Ac 21, 39). Tarse est cependant la capitale de la province romaine de Cilicie par laquelle transite l'une des principales voies commerciales de la région. Cité portuaire, elle attire marchands et artisans. Pétrie de culture grecque elle dispose d’un théâtre, mais aussi d'un gymnase et d’un stade. Son université est aussi renommée que celle d’Athènes, de Rhodes ou encore d’Alexandrie. On y apprend la philosophie, la rhétorique, le droit, les mathématiques, l’astronomie, la médecine, la géographie. Paul n’a probablement pas fréquenté l’université grecque de Tarse, ce qui ne l’empêche pas de citer des auteurs grecs (Ac 17, 18 ; 1 Co 15, 23 ; Tt , 12) où l’on observe sa maîtrise de la rhétorique. On décèle encore chez Paul l’influence des stoïciens, leurs discours en faveur de la vertu. En Col 3, 18, ou en Eph 5, 3-4, Paul appelle à adopter un comportement « convenable » et aussi à s’élever au-dessus des contingences (Ph 4, 12).
De la culture hellénistique Paul a surtout bénéficié d’un enrichissement de ses capacités de raisonnement. Il est encore très jeune quand il quitte Tarse pour se rendre à Jérusalem. Là, il va rencontrer Gamaliel, l’un des plus grands maîtres de la Mishna, qui va parfaire sa formation intellectuelle, ce qu’il reconnaît en Ac 22, 3. Paul assiste à la synthèse de la philosophie hellénistique et du judaïsme, attestée par le Talmud.
Paul est surtout formé à l’étude des commentaires des Écritures, les Midrashim, les coutumes et les pratiques légales de la tradition rabbinique (Halakha), les récits de la Torah, l’apprentissage de l’hébreu et de l’araméen. Paul s’intègre peu à peu dans l’élite intellectuelle juive.
Il assume avoir été coupable d’exactions. « J'ai moi-même enfermé dans les prisons un grand nombre de saints, ayant reçu ce pouvoir des principaux prêtres » (Ac 26, 10-11 ; 22, 4).
Alors qu'ils se rend à Damas pour faire prisonnier d'éventuels fidèles du Christ et les ramener pour jugement à Jérusalem, il est confronté à l'expérience de sa vie : la rencontre miraculeuse avec Jésus menant à la conversion de Saül en Paul (Ac 22, 5-6).
Gérard Leroy, le 19 décembre 2025