I) Diversité des approches de l'embryon
L’élaboration ou la révision des lois de bioéthique butent sur une difficulté majeure, que je n’entends pas résoudre ici, mais que je voudrais seulement tenter d’expliciter.
Comment une loi, qui par nature est à caractère universel, peut-elle s’adresser à tout le monde alors que l’approche des principes qui président à une normalisation est loin d’être univoque.
Retenons ce qu’a bien dit le Pr René Frydmann : “pour les croyants un embryon c’est presque tout, pour les scientifiques c’est presque rien.” Voilà le problème. Nous ne partageons pas tous la même approche de l’embryon.
La diversité d’approches se manifeste déjà chez les croyants monothéistes. Le judaïsme, fidèle à la Torah et au Talmud, considère l’embryon à l’image de Dieu, mais cet embryon —”l’homme qui est dans l’homme" dit-on en judaïsme”—, cet embryon est dépourvu de toute valeur jusqu’au 40è jour car ce n’est alors que de l’eau. Vous ne manquerez pas de noter la valeur symbolique proprement juive des 40 jours et de l’eau.