Pour Henri-Luc et Bruno, avec affection
Les tentatives de formation d'une élite européenne avec un programme de compréhension intra Européen fondé sur la commune expérience européenne des camps de concentration, ont échoué d'une manière tout a fait semblable à celles qui suivirent la première guerre mondiale, quand il agissait de tirer les conclusions de l'expérience internationale de la génération du front.
Dans les deux cas il s'est avéré que les expériences elle-mêmes ne pouvaient communiquer rien de plus que des banalités nihilistes. Les conséquences politiques, comme par exemple le pacifisme d'après Guerre, dérivaient de la peur générale de la guerre, non de l'expérience de la guerre.
Au lieu de produire un pacifisme dénué de réalité, la connaissance intime de la structure des guerres modernes, guidées et mues par la peur, aurait dû faire prendre conscience qu'il n'existe qu'un seul critère pour juger de la nécessité d'une guerre : que celle-ci soit un combat contre les conditions de vie que les peuples n’acceptent plus. Les expériences que nous avons connues avec les tourments et l’enfer des camps totalitaires ne nous ont que trop bien éclairés sur la possibilité de telles conditions.
Gérard Leroy, le 17 avril 2026