Pour Gilles et Béa, au pied du Vercors, avec mon affection
Qu’est donc venu faire à Valence ce pape italien, comte de Romagne, né un soir de Noël en 1717, mort ici, au bord du Rhône, le 29 août 1799 ?
Après des études de droit à l’université de Ferrare ce notable est nommé secrétaire du légat pontifical à Ferrare. Gravissant les échelons il développe son habileté diplomatique, jusqu’à devenir haut dignitaire attaché directement à la personne même du pape, c’est à dire camérier. Ordonné prêtre en 1758, sous le pontificat de Clément XIII il est nommé responsable de l'administration financière des États pontificaux, avant d’être élevé au rang de cardinal par Clément XIV, en avril 1773. À la mort de Clément XIV il va lui succéder et prendre le nom de Pie VI. Il a 58 ans.
Très tôt Pie VI a fort à faire avec les émergences émancipatrices de cette période. Il tente de négocier avec l’empereur autrichien Joseph II, de Vienne, auprès duquel il se rend afin de le faire renoncer à sa politique anticléricale. Il doit affronter les événements de la Révolution française et les premiers spasmes d’une laïcité revancharde, les débuts du positivisme, et aussi du scientisme, cousin du positivisme, pour lequel la raison scientifique étant la norme explique le monde dans sa totalité sans recours à toute cause irrationnelle.