Pour Fr Charles, Fr François, Dominique, Maryline, Véronique, Samuel… bonne année

   La modernisation et l’occidenta-lisation ont entraîné l’uniformisation de la population. « L’autocratie impériale entraîne dans son immobilisme l’Homo hierarchicus qui constitue son sujet par excellence, assujetti à son système architecturé d’allégeances » (1). Des pans entiers de civilisation sont sacrifiés, réduits au superficiel, à l’artificiel. Notre époque est à l’Occident postiche.

Le grand obstacle à l’épanouissement de chacun et de tous, c’est l’autocratie. Nos technocrates le sentent bien, pensent y remédier, s’agitent, gesticulent… et puis oublient. Le progrès est à la manœuvre. Le malaise grandit avec les fluctuations politiques, les chamailleries des parlementaires. Le vide et le flou créés s’avèrent propices au renversement du pouvoir. Chacun rêve de monter sur le trône. Jusqu’à la prochaine désillusion.   

Nous voilà trempés dans un monde défiguré, abîmé, exploité, pollué, opprimé, dévasté, bref dans un monde qui « gémit en travail d’enfantement » (Rm 8, 22). « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants » avait dit Saint-Exupéry. Toute une vision de l’homme et du monde est à corriger. Les ingénieurs ont remplacé les penseurs. Nous avons à nous libérer de la dictature de le tech (2). Nous avons à rafistoler un monde, à ériger des ponts qui rassemblent. Lançons des "dîners de ponts". En somme, si l’homme d’aujourd’hui peut disposer de mécanismes futiles ou utiles, « il lui manque une éthique solide, une culture et une spiritualité » (3). La sécularisation est une marque de l'Occident du XXe siècle, matérialiste, positiviste, individualiste et violent.

Quelle place peut occuper le christianisme dans la conscience des hommes à l’âge du pluralisme religieux ? Face à la mondialisation, qui nous fait revivre le mythe de Babel, la pensée chrétienne va-t-elle se réduire à de vagues lieux communs sur l’amour et la spiritualité ? Ou bien trouvera-t-elle, dans la singularité de l’Évangile, le levier qui lui permettra de se hausser au niveau d’une authentique universalité ?

Gérard Leroy, le 2 janvier 2026

  1. Jean-François Colosimo, Occident, ennemi mondial n°1, Ed. Albin Michel, 2024, p. 151.
  2. Cf. Asma Mhalla, Cyberpunk, Seuil 2025
  3. (3)  Laudato si’, §105