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Transhumanisme : retour à Babel…

Pour Jean Ormières, en hommage amical

   Du fait de sa nature ambivalente, le mouvement transhumaniste ne pouvait qu’éveiller de vives réactions de la part des religions, attisées par les polémiques qu’aiment amorcer ceux qui sont moins en faveur de ce courant que friands de provocations envers les religions. 

Qui sont les acteurs du transhumanisme ? Des gens qui se définissent comme rationalistes, autrement dit des positivistes animés du présupposé qu’il convient d’abord d’être défiant dans leur rapport avec les religions. Les pères fondateurs du transhumanisme, belgo-iranien et américain, ont toujours cultivé une franche hostilité à l’égard des religions, durcie par cette guerre des cultures, la « culture wars », éclose au temps de Georges Bush qui avait institué un Conseil de Bioéthique donnant lieu à des affrontements ouverts entre les « bioconservateurs » et les « technoprogressistes ». 

C’est alors qu’un sociologue, américain, théorise le nécessaire affrontement entre le transhumanisme, qu'il tient pour une nouvelle religion, plus cosmique, mieux adaptée au nouveau contexte technologique, et les traditions religieuses. On avait connu cela dans les années 60 avec les théoriciens de la mort de Dieu qui, soulignant le déphasage de Dieu par rapport à la culture moderne, avaient alors tenté de re-fabriquer un christianisme qui puisse coller à l’homme moderne et étaient parvenus à un “christianisme athée” tout à fait farfelu.

Les vives réactions des chrétiens ont vivement manifesté un rejet du transhumanisme au nom d'un bioconservatisme assumé aux États-Unis, développant aussi des thématiques qui concurrencent le transhumanisme dans son interprétation de l'évolution.

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