Histoire
Le contexte politique et religieux juif à la naissance de l’Église

Aux participants des Soirées théologiques, avec mon amicale sympathie
Reportons-nous au Livre des Actes des apôtres car Luc, son auteur, connaît bien le milieu dont il parle.
Le Livre des Actes se divise en deux parties distinctes. La première, qui va des chapitres 1 à 13 rapporte la formation de la communauté de Jérusalem; la seconde relate les voyages de saint Paul. Dans la première partie, Luc, qui n’adopte pas le récit discursif, sélectionne quelques épisodes déterminants qu’il décrit dans le détail. Il nous montre la communauté de Jérusalem en relation avec des groupes divers, sadducéens, hérodiens, pharisiens etc. qui n’ont de sens qu’en référence au contexte juif de l’époque.
Les grands prêtres et les sadducéens coopèrent avec le pouvoir romain. Les pharisiens sont farouchement attachés à la Loi juive, à la Torah, et ils tolèrent —comment ne le pourraient-ils pas ?— le joug politique romain. Quant aux zélotes et aux esséniens, c’est la libération d’Israël qu’ils veulent. Les zélotes sont violents et mènent des actions subversives, comme dans une guerre de maquis, alors que les esséniens sont pacifistes et s’en remettent à une intervention de Dieu.
Pour comprendre ce qu’a été aux origines le drame qui a séparé les juifs et les chrétiens il semble qu’il faille considérer les raisons sociologiques de cette scission, autant que le facteur politique qui l’a influencée.
Saint Albert le Grand, le théologien philosophe
Pour Solange et pour Anne-Marie, en hommage amical
Le Comte Albert de Cologne est passé à la postérité sous le nom d’Albert le Grand. Voilà quelqu’un qui a été converti par le premier secrétaire de Dominique. Il est celui qui va introduire Aristote dans la théologie (1). Il a fait ses études chez les Frères Prêcheurs à Cologne, puis s’est rendu à Paris pour prendre ses grades universitaires; il s’y fait nommer maître général des dominicains en 1242. Six ans plus tard il retourne dans sa Rhénanie, et fonde à Cologne le Studium generale des dominicains avant d’être nommé évêque de Ratisbonne, en Bavière. Le travail finit par l’user. Le maître décline doucement jusqu’à sa mort, en 1280. Il est alors âgé de plus de soixante-dix ans.
Dans son ouvrage La philosophie au Moyen Age, Etienne Gilson dit d’Albert le Grand qu "’il s’est jeté sur tout le savoir gréco-arabe avec le joyeux appétit d’un colosse de bonne humeur (...), sauf lorsque des confrères bien intentionnés lui conseillaient de se modérer dans l’intérêt de la religion. Il y avait du pantagruélisme dans son cas, ou, plutôt, il y aura de l’albertinisme dans le pantagruélisme du savoir.” (2)
Son œuvre est tout empreinte de philosophie platonicienne et aristotélicienne. Albert le Grand dissèque, définit, explique, affronte les théories qui lui parviennent d’Aristote, mais aussi celles d’Avicenne. Ce philosophe iranien que ses disciples
Bonaventure, ou l'entrée de Dieu en théologie (1)
Pour le Frère Jean-Luc Pinalie, en hommage amical
Au XIIIème siècle, Paris figure parmi les places intellectuelles d’Europe. Tout ce qui se pense alors est en rapport à la théologie, sinon au service de celle-ci. Les intellectuels cultivent le souci d’harmoniser la science et la foi. Et comme l’aristotélisme, malgré la censure pontificale et les réticences dans l’Université, s’impose peu à peu, il va bien falloir aux intellectuels chrétiens trouver moyen de se l’approprier pour accorder au dogme chrétien un cadre philosophique qui le consolide. Et tant qu’à faire, que ce soit pour les siècles des siècles !
Se produit alors ce qu'on appelle un kaïros. Dans la philosophie grecque le kaïros désigne une période critique, un temps opportun pour une décision en direction d'une nouvelle orientation (2). En effet, en ce temps-là on repère une quantité de penseurs étonnants. Dominique est contemporain de François d’Assise (1182-1126), mais aussi d’Alexandre de Halès (1186-1245), qui enseigne à l’école cathédrale de Paris. À 51 ans celui-ci est invité par les franciscains. Tout Paris est en émoi à cause de l'entrée d'Alexandre de Halès chez les franciscains.
Dans le bouillonnement parisien on remarque un certain Jean Fidanza, jeune Toscan, brillant étudiant en théologie récemment entré lui aussi dans l’ordre des Franciscains. Son nom n’est pas resté dans les
Mithra, rival du Christ ?
Pour mon ami Jean-Marc Bellanger
Mithra est un dieu indo-iranien dont le nom signifie “contrat”. Sur quelques monuments turcs du 1er siècle av. J.C. Mithra apparaît comme le dieu de “la poignée de main”, celui donc qui engage les contractants. Il sera identifié à Hermès, le médiateur, puis à Apollon-Hélios, le Soleil invaincu.
C’est en effet par serment devant ce dieu et au nom de celui-ci que sont conclus les engagements des parties. Ainsi a été scellé un traité entre des rois Hittites (peuple originaire d’Anatolie, au cœur de la Turquie actuelle, au IIè millénaire avant J.C.) et leurs voisins de Mitanni (au nord-est de la Syrie actuelle). Mithra est donc pris à témoin de la parole donnée.
Il est le dieu des soldats et de l’amitié virile, et ne concerne donc pas les femmes, mais aussi dieu de l’aurore, protecteur des troupeaux, celui qui a créé Ahura Mazda, divinité du culte mazdéen de Zarathustra.