Philosophie


L'itinéraire heideggerien

Martin Heidegger est né en 1889 à Messkirch, à une soixantaine de kilomètres du lac de Constance. Messkirch est un lieu de discorde religieuse depuis le concile Vatican I. Son père, fabricant de tonneaux, est un Vieux-Catholique, autrement dit un catholique qui n’admet pas le dogme de l’infaillibilité papale décidée par les pères conciliaires en 1870. Il continue cependant d’assurer la fonction de sacristain du village.

Le jeune Martin étudie au lycée de Constance. L’un de ses aînés, le P. Conrad Grober, qui deviendra archevêque de Fribourg, lui offre à lire la thèse soutenue par Franz Brentano, figure autrichienne, ancien dominicain, maître de Freud. Cette thèse, devenue un classique des études aristotéliciennes, s’intitule : “Des multiples significations de l’étant chez Aristote”.

Heidegger entre ensuite au noviciat chez les jésuites de Feldkirch, en Autriche. Il y restera un mois ! Le temps suffisant pour rencontrer le théologien allemand Erich Przywara, mentor intellectuel de Urs von Balthazar et de Karl Rahner.

L'euthanasie : faut-il légaliser ? Conférence de G. Leroy à Montpellier

Entre "tuer" et "libérer" une porte à ouvrir ?

 

Aux Pr Samir Hamamah et Gérard LÉVY, en hommage amical

 

Merci aux Professeurs Hamamah et Lévy pour la confiance qu'ils me témoignent en me demandant de participer à un décryptage éthique difficile, qui exige humilité et prudence. L'approche du problème qui nous convoque, encombrée par nos préjugés sociaux, nos atavismes moraux, religieux, est effectivement jonchée de difficultés. "Ce n'est pas le chemin qui est impossible, disait Kirkegaard, c'est l'impossible qui est le chemin." Allons-y.

Structure formelle de la question de l’être chez Martin Heidegger

À mes filles, Marie et Edwige, en ma manière d'être avec elles

 

Français : qui dites-vous que vous êtes ?
La question de l’être est toujours présente dans notre existence, de manière latente, parfois réveillée comme aujourd’hui, moins dans son approche métaphysique qu’existentielle, par la question du lien à ce qui nous entoure et spécifie notre identité nationale.

Si cette identité particulière, excluant l’être intime et la personne dans sa dimension d’universalité, ne rend pas totalement compte de ce que nous sommes, elle a l’avantage de nous aider à nous comprendre.

L’embryon est-il une personne ?

 Quand nous attribuons la dignité de personne à l’embryon il nous faut au préalable s’accorder sur les mots.

Personne, vient du latin persona, masque de théâtre; d’où le mot personnage, le rôle que l’on tient dans la société. C’est l’idée stoïcienne du rôle que joue l’homme ici-bas (cf. Manuel d’Épictète, 17). Rappelons les malentendus qui ont retardé les travaux du Concile de Nicée, quand les occidentaux de Rome ou de Lyon n’avaient pas la même définition du mot personne que les Pères venant d’Antioche ou de Constantinople.